.Les fantômes et des esprits
<< Hors de ma vue ! Et que la terre te cache !
Tes os n'ont point de moelle, ton sang est froid,
Et il n'y a pas de pensée derrière ce regard haineux ! >>
Ainsi parle Macbeth, confronté à ce qui est probablement la plus courante des expériences paranormales.
Evidemment, dans le cas de Macbeth, la terreur qu'il ressent face au fantôme de Banquo est méritée, puisque c'est lui qui a commandité son assassinat – son passé revient donc le hanter.
Mais il n'est pas nécessaire d'avoir commis des actes aussi odieux pour provoquer l'apparition de spectres. En fait, il est surprenant de constater l'immense diversité des circonstances dans lesquelles des fantômes apparaissent. On en voit de jour comme de nuit, à l'intérieur d'une maison comme sur une route déserte ; ils se manifestent de toutes sortes de manières, allant des formes vagues qui flottent dans l'air aux représentations humaines les plus tangibles. On peut les percevoir par l'intermédiaire de tous les sens : la vue, l'ouïe, le toucher et même l'odorat. Certains fantômes sont sympathiques, d'autres malveillants. Certains interviennent dans la vie, d'autres non.
Comme dans le roman de Dickens, Les contes de Noël, on peut voir des fantômes du passé comme du futur. En février 1907, un officier de police qui était de service au palais royal de Hampton Court, près de Londres, a été le témoin d'une extraordinaire procession. Une douzaine d'hommes et de femmes, vêtus dans un style d'un autre âge, le dépassèrent puis disparurent. Cet événement bizarre – qui n'est pourtant pas unique en son genre – est consigné dans le registre du commissariat local.
Les fantômes peuvent aussi bien améliorer l'état de votre compte en banque que semer la terreur, mais une apparition a souvent une explication bien logique. On a rapporté un si grand nombre de manifestions spectrales que, même si on n'en retient qu'un petit nombre, la preuve est suffisante.
Les sceptiques peuvent évidemment mettre ce phénomène sur le compte d'esprit faibles ou d'imaginations fertiles. Il est bien certain que les fantômes n'ont pas leur place dans un monde dominé par la science et la logique. Mais en Norvège, qu'on ne peut taxer de pays arriéré, le plus courant des fantômes des temps modernes – le fantôme auto-stoppeur – a été inclus dans le code de la route. Là bas, on croit fermement que quiconque prend en stop ce fantôme-là aura un terrible accident. Le problème est pris tellement au sérieux que des panneaux de signalisation spéciaux ont été installés : un triangle rouge renfermant le dessin d'un fantôme !